NOUVEAU MONDE (CHRONIQUES DU)


NOUVEAU MONDE (CHRONIQUES DU)
NOUVEAU MONDE (CHRONIQUES DU)

La découverte du Nouveau Monde a été considérée, à juste titre, comme le fait le plus marquant de l’histoire de l’expansion européenne au-delà des mers. Dès le début, l’importance de cet événement, ainsi que les différentes étapes de l’occupation du sol américain ont été perçues à leur juste mesure par les acteurs et les contemporains les plus renommés de cette geste singulière. En conséquence, certains d’entre eux nous ont laissé une précieuse et abondante quantité de chroniques sur les voyages de découverte, ainsi que sur la conquête et la colonisation du Nouveau Continent.

Les découvreurs

Nous prenons le terme chronique dans un sens large qui comprend, outre les chroniques proprement dites, les lettres de relation, les mémoires, les récits et l’historiographie telle qu’elle a été conçue à l’époque. Le contenu de ces écrits reflète la réalité américaine décrite – et quelquefois interprétée – par des hommes venus d’horizons très divers. La plupart d’entre eux étaient des soldats, des marins, des hauts fonctionnaires et des missionnaires; mais on trouve aussi des commerçants, des naturalistes, des chroniqueurs officiels, des émigrants et des voyageurs en général. Ceux-ci, influencés par les chroniques du Moyen Âge et de la Renaissance, utilisèrent, dans la mesure du possible, un langage simple, réaliste et précis, ce qui donne à leurs écrits un caractère dépouillé et même rude.

Christophe Colomb fut le premier à rapporter ses impressions et ses expériences dans son Journal de bord (1492-1493) et ses Lettres adressées aux autorités espagnoles (1493-1506). Dans ces documents, on découvre un certain nombre de sujets que l’on retrouvera dans les récits ultérieurs, à savoir: la description de la nature tropicale et de ses habitants; la dénomination des endroits visités et la prospection des richesses naturelles. À ces observations s’ajoute la présence des mythes de l’Antiquité classique et du Moyen Âge (les sirènes, les cannibales, le démon, le paradis terrestre).

Après Colomb d’autres marins laisseront des témoignages sur leurs voyages en Amérique. Ainsi le capitaine honfleurois Paulmier de Gonneville, dans sa Relation authentique (1503-1505), fournit des détails exacts sur son séjour au Brésil. Il s’intéresse particulièrement au caractère et aux manières de vivre des indigènes de la tribu guarani des Carijó, aux mœurs douces, et à celles des Tupiniquin, féroces et «mangeurs d’hommes», Amerigo Vespucci, célèbre navigateur italien, a laissé des relations d’ailleurs assez illisibles sur ses quatre voyages, et des lettres sans grand intérêt scientifique. Cependant il fut le premier à se rendre compte, en naviguant du Honduras au Río de la Plata, qu’on avait abordé un Nouveau Monde, tout à fait différent du continent asiatique. Ses Quatre Navigations ont été publiées par l’humaniste Martin Waldseemüller dans un fascicule intitulé Cosmographiae Introductio ... (1507), Antonio Pigafetta, un des rescapés de l’expédition de Magellan, est l’auteur de la relation la plus importante de la célèbre circumnavigation. Dans son Journal , imprimé avant 1536, il nous décrit les terres australes de l’Amérique, ainsi que ses habitants: les Patagons.

Les conquistadores

La conquête militaire et spirituelle du Nouveau Monde, consécutive à la découverte, fut d’abord et avant tout un fait espagnol. En moins de cinquante ans de la plus formidable aventure de tous les temps, les conquistadores achevèrent, dans les grandes lignes, de conquérir l’Amérique. Les épisodes majeurs de cet exploit, et surtout ceux qui eurent pour théâtre le Mexique et le Pérou, furent consignés par leurs auteurs eux-mêmes. À mesure qu’ils avançaient sur de nouveaux territoires, ils relataient leurs propres exploits ou ceux de leurs compagnons d’armes, et se livraient à des descriptions de la nature et des Indiens.

Hernán Cortés, le plus renommé des conquistadores, nous a laissé dans ses Lettres de relation adressées à Charles Quint (1519-1526), une exposition détaillée des principales vicissitudes de la conquête du Mexique. Ses écrits, souvent comparés à la Guerre des Gaules de Jules César, révèlent les qualités d’un conquérant exceptionnel: charisme, bravoure militaire, sens politique et hardiesse au moment des décisions capitales. En plus des faits militaires, Cortés rapporte tout ce qui concerne les mesures gouvernementales qu’il fut amené à prendre. En outre, il décrit les richesses et les monuments des terres conquises, ainsi que les coutumes, les religions, les fêtes des habitants et les institutions locales. La description des sacrifices humains, l’évocation de sa rencontre avec Moctezuma, et surtout celle du marché de Mexico restent les morceaux d’anthologie de sa correspondance.

Pedro de Valdivia, le conquistador du Chili, nous a aussi laissé des lettres – onze au total – dans lesquelles il communiqua aux autorités espagnoles les détails de son entreprise (1545-1552). Il y exalta les avantages offerts par ce pays pour la fondation d’établissements permanents: beauté du paysage, salubrité du climat, et abondance des richesses naturelles. Il souligna, en même temps, les difficultés de la conquête et le caractère aléatoire de la colonisation. À cet égard, son récit sur l’assaut de Santiago par les Indiens en rébellion et la résistance acharnée opposée par les Espagnols laissent déjà présager la formation de ce qu’on appellera plus tard la «Flandre indienne».

Les chroniqueurs espagnols

La Couronne espagnole, soucieuse de perpétuer la gloire de ses conquêtes, encourageait le mouvement historiographique spontané de soldats et de prêtres. De plus, elle créa le poste officiel de Cronista Mayor et conçut des questionnaires type, en vue de faciliter la recherche de toutes les particularités des Indes. La première histoire des découvertes et des conquêtes fut écrite par l’humaniste milanais Pierre-Martyr d’Anghiera. Homme de confiance des Rois Catholiques, Anghiera rédigea une série de lettres au fur et à mesure que lui parvenaient les informations américaines. Outre ses lettres, publiées sous le titre de Opus epistolarum , il écrivit les Décades du De Orbe Novo (1493-1525), où il compléta et développa l’information concernant les événements survenus en Amérique. Influencé par Homère et Virgile, il voyait encore le Nouveau Monde à travers un prisme classique: Colomb aurait été l’émule d’Enée et d’Alexandre le Grand, et les femmes américaines des héroïnes de la Rome antique. Il appelait, d’ailleurs, les cannibales des lestrygons ou polyphèmes.

Parmi les grands chroniqueurs-historiens de cette époque, Gonzalo Fernandez de Oviedo occupe une place de choix. Né à Madrid en 1478, il fut page du duc de Villahermosa, puis du prince Jean. Plus tard, il entra au service du roi de Naples et du duc de Calabre. Il assista à la conquête de Grenade, prit part aux guerres d’Italie et fut témoin de la capture de François Ier à Pavie. En 1514, il arriva pour la première fois en Amérique, où il allait occuper des fonctions importantes en Terre-Ferme et à Saint-Domingue. Ses activités l’amenèrent en Amérique centrale et l’obligèrent à traverser plusieurs fois l’Atlantique. Observateur perspicace et annotateur méticuleux, Oviedo recueillit d’innombrables et précieux témoignages qu’il consigna dans sa monumentale Histoire générale et naturelle des Indes (1526). Divisée en trois parties, comprenant au total cinquante livres, son œuvre est une véritable encyclopédie américaine. Son récit événementiel de la conquête et de la colonisation est enrichi de magnifiques descriptions des pays, de minutieuses informations sur la flore et la faune, et de curiosités sur les sociétés indigènes. Le langage est d’autant plus riche qu’il incorpore une quantité appréciable de vocables empruntés aux langues indiennes.

Bartolomé de Las Casas, colon et prêtre dominicain, prit la défense des Indiens, dénonça les abus de l’encomienda (droit de bénéficier des corvées et du tribut fournis par les Indiens) dans des ouvrages véhéments qui eurent une large audience et furent traduits en plusieurs langues. Il les adressa à Ferdinand d’Aragon, puis à Charles Quint, notamment la Très Brève Relation de la destruction des Indes (1542). Il est ainsi à l’origine des «Nouvelles Lois» (1542), interdisant l’exploitation effrénée des Indiens et préparant l’extinction progressive de l’encomienda . Ayant renoncé à son évêché de Chiapas (Mexique), Las Casas rentra en Espagne en 1547. Cependant il continua à écrire, notamment une Histoire des Indes (1527-1561), où il vante les charmes de ces pays et les qualités de leurs habitants en même temps qu’il dénonce les abus du gouvernement colonial et les cruautés des conquistadores. Dans son Histoire apologétique des Indiens (1555-1559), Las Casas nous présente un tableau d’ensemble des cultures et des civilisations amérindiennes. Ses écrits et ses interventions en faveur des Indiens lui ont valu la considération de grands humanistes. Son œuvre demeure présente à l’esprit des philosophes des Lumières: il fut cité avec admiration par Montesquieu et Voltaire, et Marmontel s’inspira de lui dans son essai sur Les Incas . L’abbé Grégoire lui rendit un hommage solennel au cours d’une séance tenue à l’Institut de France le 22 floréal an VIII: «Très peu d’hommes ont eu l’avantage de remplir une vie aussi longue par des services aussi éclatants envers leurs semblables. Les amis de la religion, des mœurs, de la liberté et des lettres doivent un tribut de respect à la mémoire de celui qu’on nommait l’ornement de l’Amérique et qui, appartenant à l’Espagne par sa naissance et à la France par son origine, peut être à juste titre nommé l’ornement des deux mondes.»

Francisco López de Gómara, chapelain de Cortés, rédigea, dans un style classique, l’Histoire des Indes et la conquête du Mexique (1552), où il fit l’apologie de l’illustre conquistador. Le jésuite Joseph d’Acosta, ancien élève du collège de la Compagnie à Médina del Campo, séjourna en Amérique de 1571 à 1588. On lui doit un Catéchisme en castillan, quechua et aymará , et sa fameuse Histoire naturelle et morale des Indes occidentales (1589), premier ouvrage scientifique consacré au Nouveau Monde. Alexandre de Humboldt, dans son Cosmos , en fit un éloge mérité: «La base de ce qu’on appelle aujourd’hui Géographie physique [...] se trouve [...] chez Acosta.»

D’autre part, Bernal Díaz del Castillo, un des capitaines de Cortés, mécontent du caractère d’apologie cortésienne de l’Histoire de Gómara, devait rédiger, à la fin de sa vie, l’Histoire véritable de la conquête de la Nouvelle-Espagne (1632), où, tout en reconnaissant les mérites de Cortés, il mettait en lumière ses propres exploits et ceux de ses compagnons d’armes moins fameux.

Le franciscain Bernardino de Sahagún écrivit, en nahuatl, un texte capital: l’Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne (1547). C’est en ethnologue et historien documenté que Sahagún nous donne le tableau le plus complet du monde indigène mexicain. Son œuvre est fondamentale tant pour l’étude de la religion et des mythes, que pour celle de l’histoire, des coutumes et des codex des Aztèques. Fray Diego de Landa, franciscain également, se livra à une semblable recherche sur la civilisation maya dans sa Relation des choses du Yucatán (1560-1566).

Quant à la conquête du Pérou, elle fut rapportée, entre autres, par Francisco de Xerès, secrétaire de Pizarro, dans sa Véritable Relation de la conquête du Pérou (1534). Pedro Cieza de León, soldat et chroniqueur, s’intéressa, dans sa Chronique du Pérou , (1553) aux aspects géographiques, historiques et ethnographiques de l’empire inca. Les exploits des conquistadores de la NouvelleGrenade et du Venezuela furent consignés par Fray Pedro de Aguado dans son Recueil historique , et les événements de la conquête du Chili ont été décrits par Alonso de Góngora Marmolejo (Histoire du Chili ) ainsi que par Pedro Mariño de Lobera (Chronique du royaume du Chili ). Nous devons mentionner le gouverneur Alvar Núñez Cabeza de Vaca, le premier «homme de l’Ouest» d’Amérique, avec ses Relation et Naufrages (1542-1555), ainsi que le célèbre métis, l’Inca Garcilaso de la Vega, auteur de l’Histoire de la Floride (1605) et des Commentaires royaux des Incas (1609). Citons aussi le Péruvien Huamán Poma de Ayala, qui nous a laissé la seule chronique richement illustrée de dessins contemporains, de style naïf: Nouvelle Chronique et bon gouvernement (1613-1615). Hernando de Alvarado Tezozomoc et Fernando de Alva Ixtlilxochitl, chroniqueurs indigènes, ont respectivement rédigé la Chronique mexicaine et l’Histoire chichimèque , qui contiennent des récits originaux et des interprétations de légendes et hiéroglyphes aztèques, dont la langue leur était familière. Le jésuite Juan de Tovar, correspondant de Joseph d’Acosta, recueillit lui aussi de la bouche d’informateurs indiens, la tradition orale des Aztèques, avant d’écrire sa Relation de l’origine des Indiens qui habitent la Nouvelle-Espagne, selon leurs histoires (1587), illustrée de trente-deux aquarelles naïves et accompagnées d’un calendrier religieux.

Les Français au Canada et en Floride

Les côtes atlantiques de l’Amérique septentrionale furent visitées, au cours du XVIe siècle, par des explorateurs français, dont certains nous ont laissé des récits d’une grande valeur historique et ethnographique. Le premier, Giovanni da Verrazano, capitaine florentin au service de la France, partit en 1524 pour le compte de François Ier à la recherche d’un passage direct vers le Cathay en Chine septentrionale. Dans sa Relation du voyage de la Dauphine , Verrazano décrit l’aspect extérieur de plusieurs tribus d’Algonquins (territoires de la Caroline du Nord et du Maine). Il aborda la future New York, qu’il appela Angoulême, et, dans «l’Arcadie», s’intéressa aux habitations des Indiens du «Refuge» (Newport). Il nota la présence de plantes textiles, de vigne rouge, et affirma, enfin, que le Nouveau Monde formait un bloc continental isolé des autres continents. Jacques Cartier vint à sa suite, envoyé en mission par François Ier pour continuer la recherche d’un détroit imaginaire, analogue à celui de Magellan, mais situé au nord. Il reconnut ainsi le Canada. Le célèbre capitaine malouin nous a laissé trois Relations (1534-1541) sur ses voyages à Terre-Neuve (Nouvelle-France) et dans l’estuaire du Saint-Laurent. En remontant le fleuve du même nom, il baptisa les endroits visités et noua les premiers contacts avec les populations indiennes locales. Outre les aspects géographiques des lieux, il décrit le mode de vie des Hurons, des Iroquois et la cité indienne de Hochelaga, à l’emplacement de Montréal. Cartier fut suivi, lors de son dernier voyage, par Roberval, dont un récit (1542-1543) nous est parvenu, hélas incomplet.

Quelques années plus tard, la tentative d’établissement des Français en Floride allait être racontée par ses propres acteurs: le capitaine Jean Ribault consigna ses efforts en 1563 dans La Complète et Véridique Découverte de la «Terra Florida» , et René de Laudonnière fit de même dans L’Histoire notable de la Floride (1586). Le premier rencontra les Indiens Timucua, dont il fit l’éloge, et le second nous donna un tableau complet des coutumes et des techniques indiennes dans la Floride du XVIe siècle. Il nous reste à citer Nicolas Le Challeux, auteur du Discours de l’histoire de la Floride (1566) et Dominique de Gourgues avec son Histoire mémorable de la reprise de l’isle de la Floride (1568).

Portugais et Français au Brésil

Le Brésil, devenu possession portugaise par le traité de Tordesillas (1494), fut connu des Européens grâce à la plume de missionnaires, d’explorateurs et de colonisateurs. Les jésuites, particulièrement actifs dans l’évangélisation de ce pays, ont été les premiers à consigner leur action missionnaire. Le P. Manuel de Nobrega dans ses Lettres du Brésil (1549-1560) donne un tableau complet de la vie morale et spirituelle de la colonie; Leonardo Nunes fit de même dans ses Lettres écrites entre 1550 et 1552. Le P. Joseph de Anchieta, un Canarien, traduisit le catéchisme en tupi et écrivit des petites pièces de théâtre et des mystères pour évangéliser les Indiens. En 1595 fut imprimé son Art de la grammaire de la langue la plus répandue sur les côtes du Brésil . Vers la même époque, deux explorateurs allemands, Hans Staden et Ulrich Schmidel, faisaient le récit de leurs expériences dans la «Terre de Brésil». Le premier, prisonnier pendant neuf mois des Tupinambas, écrivit une Véritable Histoire et description d’un pays habité par des hommes sauvages, nus, féroces et anthropophages... (1557). Son témoignage, enrichi d’une série de cinquante gravures, constitue sans doute l’un des plus anciens documents ethnologiques sur l’Amérique méridionale. Schmidel écrivit une Histoire véritable d’un voyage curieux... , où il raconte, de façon familière, voire décousue, ses aventures vécues au Brésil, au Río de la Plata et dans le haut Pérou (1534-1554).

Les tentatives de colonisation française au Brésil provoquèrent beaucoup plus d’intérêt et d’espoir que l’aventure de Jacques Cartier au Canada. La perspective de cette «France antarctique» attira les huguenots, persécutés en France, et les moines catholiques; les uns y cherchaient une terre d’asile, les autres un territoire de missions. Cette expérience a été rapportée par des Français ayant des positions politiques et religieuses opposées, mais s’intéressant tous aux cultures nouvellement découvertes. Nicolas Barré fut l’auteur de lettres expédiées de février à mai 1556. Il y note, avec précision, les caractéristiques du climat tropical, des cultures locales, de la baie de Rio et des Indiens Tupinambas. Le cordelier André Thevet, poussé par une insatiable curiosité, parcourut l’intérieur du pays, interrogeant les Indiens non seulement sur les productions locales, mais aussi sur leurs mœurs, leur langue et leurs traditions. Fort de ces connaissances, Thevet rédigea à Paris, Les Singularitez de la France Antarctique (1558), œuvre au demeurant fort contestée à cause de ses erreurs et de ses inexactitudes. Cependant, sa description des mœurs et croyances religieuses fut fort appréciée et elle contribua à rendre familière l’idée du «bon sauvage». Jean de Léry, un pasteur genevois, est l’auteur de l’Histoire d’un voyage fait en la Terre de Brésil (1578). Écrite pour répondre aux critiques faites par Thevet contre les huguenots, cette œuvre est une précieuse relation historique des conflits qui opposèrent catholiques et protestants, mais aussi un document ethnologique sur la culture des Tupinambas. Montaigne s’en inspira pour rédiger plusieurs des plus profonds chapitres des Essais . Outre ces œuvres, il nous reste à citer l’Histoire de la province de Sancta-Cruz que nous nommons ordinairement le Brésil (1576) de Pedro de Magalhãnes de Galdavo et celui de Gabriel Soãres de Souza: Traité descriptif du Brésil (1587), source fondamentale pour la géographie, l’histoire et l’ethnologie.

On est donc frappé, tant par la modernité, que par le nombre et la richesse des chroniques que le Nouveau Monde a inspirées aux navigateurs, explorateurs et missionnaires européens de l’époque de la Renaissance. Il ne faudrait cependant pas oublier que tous ces écrits héritaient de traditions formelles souvent très anciennes. Pline et les histoires naturelles de l’Antiquité ont été les modèles d’Oviedo et d’Acosta; le Livre des merveilles (de l’Inde et de la Chine) de Marco Polo fut l’ancêtre de tous les récits des découvreurs des Indes occidentales. Et surtout l’imagination épique des chroniqueurs de la conquête du Nouveau Monde fut nourrie des romans de chevalerie; le plus célèbre de ceux-ci dans l’Espagne de l’époque, l’Amadis des Gaules , a été expressément cité par Bernal Díaz del Castillo. Enfin les guerres de l’Ancien Testament ont été présentes à l’esprit et sous la plume des premiers chroniqueurs de la conquête, ceux du Chili notamment. L’émergence d’une nouveauté radicale, celle d’un Nouveau Monde, s’enracine donc dans les traditions hellénique et judéo-chrétienne aussi bien que dans le merveilleux médiéval.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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